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Pierre Grémion
Modernisation et progressisme

Paris, ESPRIT, 2006
260 p.
ISBN 2-909210-42-1
25,00 Eur

La période allant des ébranlements de mai-juin 1968 à l’alternance politique de 1981 constitue un angle mort des analyses de la société française. C’est cependant au cours de cette période que commencent à s’effriter les deux configurations ayant dominé la politique française depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : la modernisation conduite et anticipée par l’État et le progressisme des milieux intellectuels qui lui fait face.
Au regard de cet effacement la période peut également être définie par une double transition inaboutie : une transition libérale qui n’est pas allée au-delà des deux gouvernements de Raymond Barre sous le septen¬nat de Valéry Giscard d’Estaing et une transition vers le socialisme inaugurée avec l’élection de François Mitterrand et qui se termine par un formidable tête-à-queue trois ans plus tard.
Le volume réunit des articles, publiés dans diverses revues (Commentaire, Communisme, Esprit, Le Débat, Projet), qui se proposent de revenir sur cet angle mort selon deux lignes d’exploration :
– les débats et les évolutions du dossier « décentralisation » entre l’échec du référendum d’avril 1969 et les lois (dites « lois Defferre ») initiées à partir de 1982 pour redessiner le périmètre des rapports entre l’État et les collectivités locales ;
– les transformations intellectuelles affectant la ville capitale, Paris, sous la poussée des dissidences est-européennes et de la délégitimation du communisme tandis que disparaissent les deux monstres sacrés du progressisme d’après-guerre, Louis Aragon et Jean-Paul Sartre.
Quels peuvent être la valeur et l’avenir de l’Union européenne comme cadre d’action collective entre un État sur le retrait et une République fragilisée ? Cette question fait l’objet de la troisième partie rédigée après la ratification du traité de Maastricht.

Pierre Grémion est directeur de recherche émérite au CNRS. Il a notamment publié Paris-Prague (Julliard, 1985) ; Intelligence de l’anticommunisme. Le Congrès pour la liberté de la culture à Paris (Fayard, 1995) ; la Plume et la Tribune. Jacques Nantet, homme de lettres parisien (Gallimard, 2001). Il a codirigé récemment avec Françoise Piotet, Georges Friedmann, un sociologue dans le siècle (CNRS Éditions, 2004).