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THERY
Irène


Sociologue, spécialiste de sociologie du droit, de la famille et de la vie privée

 

Irène Théry est une sociologue engagée dans le débat public. En 1998, elle a rédigé à la demande de Martine Aubry et Elisabeth Guigou, ministres du gouvernement Jospin, le rapport « Couple, filiation et parenté aujourd’hui » préconisant de nombreuses réformes du droit de la famille. Elle y présente une analyse des changements rompant avec les thèses classiques de la « désinstitutionnalisation » de la famille. Pour elle, c'est la dynamique d’égalité des sexes, et non le passage de la valeur « groupe » à la valeur « individu », qui est le principal moteur des transformations contemporaines (Recomposer une famille, des rôles et des sentiments, 1995).

 

Son approche relationnelle du genre (« le genre est une modalité des actions et relations sociales et non un attribut intrinsèque ou une propriété – même acquise – des personnes ») et son attachement aux enjeux de droit sous-jacents aux revendications sociales, sont relativement inhabituelles en France (La Distinction de sexe, Une nouvelle approche de l’égalité, 2007).

 

Dans ses derniers écrits, cette vision du genre est développée et précisée. Irène Théry se rallie en effet à la revendication d’accès des couples de même sexe à l’adoption plénière et à l’AMP (Assistance médicale à la procréation), dans la perspective où serait abandonné le modèle traditionnel de filiation mimétique de la procréation. Le droit de l’enfant à son origine et à son histoire permettrait, selon elle, d’instituer un nouveau droit de la filiation à la fois commun à tous et pluraliste (Des humains comme les autres. Bioéthique, anonymat et genre du don, 2010).

 

Irène Théry propose enfin le concept de « présomption de véracité » en complément de celui de "présomption d'innocence" dans le cadre de l'affaire DSK (article du Monde daté du 23 mai 2011 « La femme de chambre et le financier »). Ce concept, qui prend parti pour les victimes présumées en matière de violences sexuelles ou conjugales, est une première ébauche en vue de prendre en compte la parole sociale des victimes.