Rendez-vous

05 décembre 2015

Rencontre-débat autour de Paul Ricoeur

La croyance


Centre Sèvres
Samedi 5 décembre 2015 de 9h30 à 16h30 au centre Sèvres - Facultés jésuites de Paris 35 bis, rue de Sèvres - 75006 Paris - tel. 01 44 39 56 14

Les événements de janvier 2015 en France mais aussi bien d’autres  facettes de notre actualité rappellent la force de la croyance, capable d’ébranler comme de souder les sociétés sécularisées, fût-ce dans des moments d’exception. Mais quels sont les ressorts et les raisons de la croyance ? La rencontre-débat organisée par l’Association Paul Ricœur et le Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris se propose d’éclairer ces questions en prenant pour point de départ la réflexion de Paul Ricœur sur la religion.

Dans les années 1960, la distinction « foi/religion » a joué un rôle considérable dans la réflexion théologique, les attitudes pastorales et aussi l’apologétique – face à des sciences humaines critiques et soupçonneuses de l’« illusion » ou de l’« idéologie » religieuse. Ce soupçon pèse beaucoup moins aujourd’hui. Dans la crise multiple de la mondialisation, s’impose plutôt le rapport entre « religiosité » et « culture ». Le colloque sera consacré à ces évolutions de la croyance, ou des croyances, d’abord à partir de la réflexion forte de Paul Ricœur sur la foi, la religion et l’athéisme dans les années 50-60, quand il élabore sa philosophie herméneutique en lien avec la critique massive des sciences humaines contre la foi et le discours religieux.

La seconde partie de la journée s’articulera autour des ruptures du « croire », thématisées dans les années 70 par Michel de Certeau (Le Christianisme éclaté, La Culture au pluriel et des textes repris dans La Faiblesse de croire, comme « La rupture instauratrice ») et plus récemment par Olivier Roy dans La Sainte ignorance (2008), avec ses réflexion sur la « foi pure » en lien avec la « déterritorialisation » culturelle provoquée par la mondialisation. On mesurera ainsi les permanences et les différences par rapport à l’opposition foi/religion des années 60, avec, en arrière plan, la puissance et la séduction paradoxale du religieux et son affirmation dans l’espace public face aux défaillances de la politique et de la culture laïque.

L’objectif de la journée est bien d’éclairer certains aspects cruciaux de notre temps, en l’occurrence les fortes tensions voire les violences dues à la « religion », en soulignant l’intérêt de la pensée de Ricœur pour en comprendre le sens et la portée. La réflexion fondamentale qu’il a menée sur le religieux, notamment dans l’œuvre des débuts, a en effet l’avantage de placer les phénomènes analysés par les sociologues, les historiens et d’autres sciences religieuses dans un cadre d’interprétation plus large et plus « compréhensif » que les analyses proposées par les sciences humaines, si précieuses soient-elles.

Avec la participation de

  • Guilhem CAUSSE, s.j., Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris
  • Michaël FOESSEL, École Polytechnique
  • Olivier MONGIN, Revue Esprit
  • Camille RIQUIER, Institut Catholique de Paris
  • Olivier ROY, Institut Universitaire Européen, Florence
  • Jean-Louis SCHLEGEL, Revue Esprit